Patrimoine

Certains qualifieraient le patrimoine de Sainte Marie-la-Blanche de « petit patrimoine ». Pourquoi trouver dans cette expression un sens péjoratif ? Habitat civil, église, statues, croix, motte médiévale…, le patrimoine de notre village est en lien étroit avec l’authentique, c’est-à-dire le vécu des générations qui nous ont précédées. Il est l’expression sous ses formes diverses de ce qui fait notre territoire, du génie humain au sens large, du pratique au créatif, du religieux au coutumier.
Alors pourquoi parler de « petit » patrimoine ? Car, après tout, il n’y a pas de petite ou de grande histoire, de petit ou de grand patrimoine, mais simplement des marqueurs du temps à conserver, expliquer et transmettre à nos enfants et aux générations futures.

L’église, emblème de Sainte Marie-la-Blanche

L’église de Sainte Marie-la-Blanche est le symbole de la commune. Sa situation si singulière à l’entrée du village interpelle et interroge.

La première mention de la commune date d’une bulle émise par le Pape Eugène III, faisant donation en 1148 de l’église Sancta Maria de Aniaca à Notre-Dame de Beaune. Mais le nom de Sancta Maria Alba (Sainte Marie-la-Blanche) est cité pour la première fois en 1190.PhotoPatrimoineArt1

Pourquoi un tel nom ? Plusieurs hypothèses ont été avancées, mais aucune ne fait consensus : certains pensent que le nom vient du fait que l’église, de par sa position sur un monticule, se détache sur le ciel bleu, d’autres l’attribue à la présence d’une statue de vierge blanche, ou encore que « alba » dériverait du mot celte Avos, qui veut dire : eau. Mais aucune de ces hypothèses n’a pu être validée à ce jour.

Il ne reste nulle trace aujourd’hui de cette église primitive mentionnée en 1148. Celle que nous connaissons a certainement été élevée au cours du XIVème siècle, comme en témoigne les fenêtres arrondies de la nef, et le fond carré de l’abside autrefois éclairé par une baie à triple compartiments de style gothique, aujourd’hui murée. Le clocher carré est terminé par une pyramide octogone. A côté de cette fenêtre bouchée, il existe toujours un oculus eucharistique : une petite ouverture ronde qui permettait aux fidèles de voir depuis l’extérieur l’endroit où reposait la crédence refermant le Saint Sacrement, aujourd’hui occulté mais toujours visible sur le chevet de l’église.

Cette église a sans doute été endommagée en 1607, par l’incendie qui détruisit presque toutes les maisons situées aux alentours, à l’exception du presbytère et de la maison voisine. La nef, le clocher et la porte d’entrée principale furent modifiés ou reconstruits à cette époque. C’est à cet incendie que l’on doit également la situation particulière de l’église : les maisons précédemment regroupées autour de l’église ont par la suite été reconstruites 100 mètres plus loin, plus proches de ressources en eau.

Le chœur est orné d’un retable du XVIIème siècle.

L’autre particularité de l’église est le porche fermé destiné à abriter les fidèles de la pluie. Suite à une rénovation de l’église en 1965, l’ancien autel de l’église a été installé sous le porche et a servi de base à une grotte en pierres percées, où fut placée une statue de Notre Dame de Lourdes.

La décoration intérieure de l’église est relativement sobre. La nef était autrefois ornée de deux petites statuettes en bois polychrome, représentant St Vincent, Patron des vignerons, et Sainte Barbe : il s’agissait très certainement d’anciens ornements de bâtons de Confréries. Ces deux statuettes ont été rénovées par la municipalité en 2005 et ont été placées depuis pour leur sauvegarde dans une vitrine à la mairie. Mais la pièce maîtresse de l’église reste la statuette de pierre du XVIème siècle, représentant un christ assis, les mains liées et la tête couronnée d’épine. Autrefois située à l’extérieur, dans une niche aménagée dans le contrefort nord-est, elle est aujourd’hui installée dans l’église. Un arrêté ministériel l’a classée aux Monuments Historiques le 4 décembre 1914.

L’église elle-même est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis juin 1987.

Des réparations à l’église

Cette année, noles travaux à l'église 2tre église a supporté quelques travaux de réparations nécessaires. Ils ont principalement porté sur le contrefort sud-est, qui présentait un important problème d’étanchéité, causant des infiltrations dans les murs et générant des taches d’humidité sur le plâtre intérieur de l’église.

La seconde partie des travaux a consisté à reprendre le plâtre intérieur sur la voûte du chœur de l’église. L’entreprise en a profité pour retoucher les fissures qui apparaissent régulièrement sur le mur du fond de l’église. Ces fissures sont la conséquence de l’instabilité de ce pignon rescindé avec le remplissage des anciens vitraux qui éclairaient autrefois le chœur de notre église.

La dernière phase de ces réparations a constitué à installer des gouttières dites « nantaises » discrètes et néanmoins efficaces pour éviter que l’eau du toit de la nef ne tombe sur les couvertures des contreforts qui sont difficiles à imperméabiliser et source d’humidité dans l’église.

Les Cloches de Sainte Marie

Avant la révolution de 1789, le clocher comportait trois cloches, toutes trois disparues.

La première des cloches actuelles a été refondue en 1810, à partir d’une cloche cassée. Elle porte sur ses flancs les noms du sieur Delaborde et de son épouse, ses parrain et marraine.

La seconde, de moyenne grosseur et pesant 675 livres, a été bénite le 27 mars 1844 et baptisée des prénoms de ses parrains et marraines : Jacques Marie Antoinette Anne.

Fondue à Dijon par l’atelier Burdin Aîné, elle a été financée par les dons des habitants de la commune.

Enfin, la plus petite des trois, Jeanne Marguerite, pèse 322 livres. Elle a été fondue en 1854, grâce à une donation de M. le curé Morey, ancien prêtre de la commune. Elle porte cette gravure : Canto. sono. jugo. deploro. suscito. laudo. festa. ortus. sponsa. funera. corda. meum. Ce qui signifie : « Je chante les fêtes, je carillonne les baptêmes et les mariages, je sonne les glas, j’élève les cœurs, je loue Dieu. »

Les cloches ont été déposées lors du chantier de réfection de tout le monument en 1989. Le beffroi, qui est la poutraison de chêne qui tient l’ensemble des cloches juste sous la charpente du clocher, nécessitait en effet d’être changé. Pendant leur descente et leur remontée à l’aide d’une grosse grue, un ouvrier équipé d’un longue corde a fait sonner chaque cloche pour éviter qu’elle ne se brise, comme le veut la tradition des fondeurs de cloche !

Le bâtiment des Scouts rénové

Pourquoi ce nom de bâtiment des scouts pour désigner le petit bâtiment à proximité de l’ancienne cure ? Tout simplement car il a été longtemps utilisé dans le cadre de camps organisés par les scouts sur la commune, en même temps qu’il a servi de salle de catéchèse lorsque le presbytère était habité par le curé de la paroisse.

Suite à la rénovation de la cure, il semblait important de ne pas laisser cette petite construction se détériorer. Les ouvertures ont ainsi été changées, et l’enduit déposé afin de révéler les murs de pierre, dont les joints ont été refaits. Cette rénovation respecte l’ancienne typologie des bâtiments ruraux : les bâtiments principaux enduits, comme les parties habitables, et celles annexes comme les granges en pierres apparentes. Ce réaménagement sera l’occasion de faire un meilleur usage de ce qui pour l’instant n’était qu’un dépôt…